Travail des détenus : ces entreprises qui jouent la case prison
Support : La Croix·Parution : 13 juin 2021·Journalistes : Nicolas Senèze et Emmanuelle Réju
Soucieux de développer le travail en prison, le ministère de la justice a lancé le label PePs pour valoriser les entreprises qui ont choisi d’ouvrir à des détenus une porte vers la réinsertion.
Cet article de La Croix donne la parole à plusieurs entreprises engagées dans le travail en détention. Pierre Guillet y raconte la mise en place d’un atelier de fabrication de détecteurs de gaz à la maison d’arrêt de Poissy, l’apprentissage du métier et les effets de cette démarche sur les salariés d’Hesion.
Hesion et la transmission du métier — extraits de l’article
À la tête de Hésion, qui fabrique des détecteurs de gaz pour l’industrie, Pierre Guillet a ainsi ouvert dans la même prison un atelier qui accueille deux détenus qui, avec le salaire perçu, peuvent à la fois aider leurs familles, améliorer leur ordinaire, mais aussi rembourser l’État qui a payé à leur place l’indemnisation des victimes.
« Cela a été un peu compliqué au départ », convient Pierre Guillet. Il a d’abord dû convaincre certains de ses propres salariés puis a été confronté au manque de formation des nouveaux ouvriers. « Au début, la qualité n’était pas au rendez-vous, reconnaît-il. Il a fallu leur mettre le métier dans les mains et, progressivement, ils se sont améliorés. » Au point qu’il peut désormais leur confier la fabrication entière d’une centrale de détection de fuite de gaz, ce que les deux hommes font « avec une certaine fierté », raconte l’entrepreneur.
Une dynamique de transformation
« Se rendre compte que nous pouvions agir autrement que dans une logique financière a été un catalyseur qui a soudé l’entreprise », observe de son côté Pierre Guillet. Pour saluer les progrès de ses deux salariés détenus, il les a augmentés au-delà du seuil minimum exigé par le label PePs. Il se prépare désormais à accueillir dans les locaux mêmes de l’entreprise un ancien détenu qui vient de demander un aménagement de peine. « Tous les salariés ne sont peut-être pas encore complètement d’accord, mais je sens une dynamique de transformation. »
Les situations décrites dans ces extraits correspondent à la date de publication, en juin 2021.
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